GRÈVE DE LA FAIM DES PRISONNIERS POLITIQUES EN TURQUIE

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Actuellement, des personnes ont entamé des grèves de la faim irréversibles dans des nombreuses prisons en Turquie. En effet les détenus politiques kurdes ont commencé ces grèves le 15 février 2017 suite aux violations de leurs droits les plus fondamentaux et aux tortures psychologiques et physiques qu’ils subissent .

Aujourd’hui, la grève continue dans les prisons de Şakran (48ème jour), Sincan (39ème jour), Tekirdağ (26ème jour), Tarsus (20ème jour), Bolu (6ème jour), Hatay (3ème jour) et elle se propage dans d’autres prisons. Les détenus déclarent que les droits les plus indispensables tels que le droit à la santé, à la consultation médicale en prison, les visites des proches et le droit aux appels téléphoniques ne sont pas respectés. Le peu de fois où les prisonniers malades sont consultés, ils restent attachés par des menottes, ce qui est un traitement inhumain. Alors que l’état des prisonniers est critique, les gardiens et militaires les ont attaqués et frappés ce lundi 3 avril.

Par ailleurs, le temps des visites est de plus en plus diminué et le peu de temps que les prisonniers passent avec leurs familles est régulièrement interrompu par les gardiens qui les menacent pour qu’ils ne racontent pas l’atrocité de la situation aux visiteurs. Le but des directions de prisons est de limiter voir de couper totalement les relations des prisonniers avec le monde extérieur. Lors des fouilles à l’entrée et sortie des prisons, les proches des détenus se font également maltraiter et humilier par les gardiens. Les livres et autres biens apportés par ces derniers pour les détenus ne sont pas transférés aux détenus.

Les détenues déclarent que les grèves continueront jusqu’au jour où la pression s’arrêtera. Leurs demandes consistent en le respect de leur droit de visite, de la santé, de traitements médicaux et l’arrêt immédiat de la violence et de l’harcèlement atroce qu’ils subissent par les gardiens. Les grévistes demandent également de mettre fin au processus d’état d’urgence en cours (OHAL). La santé des prisonniers grévistes s’empire de jour en jour et  les appels qu’ils font aux directions des prisons et au ministère de la justice turque restent cependant sans réponses.

Nous vous invitons à ne pas rester silencieux face à cette situation et à réagir avant qu’il ne soit trop tard car la grève de la faim des prisonniers politiques kurdes a atteint le seuil de la mort, des nouvelles de décès des grévistes de la faim peuvent arriver à tout moment.

Nazlican Acar
Activiste des droits de l’homme
NavBel